Entrevue avec une assistante juridique indépendante

Questionnaire Aude Floury
Assistant(e) juridique indépendante - Diplômée IJA

Que pensez-vous de l’IJA et de sa formation d’assistant(e) juridique ?

L’IJA est une excellente école. Dotée d’une formation très complète, elle est ouverte à tous les profils d’élèves désireux d’accéder au métier d’AJ rapidement à la sortie du cursus scolaire classique, ou dans le cadre d’une reconversion professionnelle (ce qui fut mon cas).

Les cours sont dispensés par des professionnels passionnés par leur métier, à l’écoute et disponible pour les élèves. Les locaux et l’équipe encadrante sont tout aussi agréables.

Qu’est-ce qu’une assistant(e) juridique indépendante ?

Une AJI est un(e) professionnel(le) à part entière qui exerce son métier pour son propre compte, de son domicile et (ou) en cabinet.

Elle est au service des professionnels du droit (Avocat – Huissier de Justice – Notaire et autres) qui sont ses clients et non ses employeurs. Une AJI œuvre en qualité de prestataire de services.

De quelle façon exercez-vous votre métier (Chez les clients ? À votre domicile ?)

J’ai commencé par exercer à mon domicile les six premiers mois environ, puis des clients ont sollicité ma présence au sein de leur structure.
A ce jour mes heures effectuées en cabinet ne me permettent plus de travailler à distance.

Qu’est-ce qui vous a poussé à vous mettre à votre compte ?

Spontanément je vous répondrai « rien ni personne » ! Seulement une volonté propre de travailler de façon indépendante depuis toujours. Une intention qui ne m’a jamais quittée et qui a muri tout au long de la formation.
Je dirai donc que l’entreprenariat, pour ma part, est une réelle vocation.

Quel est le statut idéal pour une assistant(e) juridique indépendante ?

Pour débuter l’exercice AJI, le statut d’auto entrepreneur est le plus confortable sur un bon nombre d’aspects.
La création du statut est simple, la comptabilité et la fiscalité sont allégées.

Comment démarchez-vous vos clients ?

J’ai démarché mes clients au départ de mon activité par le biais d’une prospection personnelle via des cartes de visite. Le « bouche à oreille », comme on dit, a parfait ma communication.

Quels sont les avantages et les inconvénients d’exercer le métier d’assistant(e) juridique en « freelance » ?

Il y a de nombreux avantages, avant tout professionnels. Etre « freelance » est très enrichissant, chaque client a des méthodes de travail différentes, une personnalité et une structure propre avec souvent une spécialité distincte. J’ai par exemple un cabinet spécialisé en droit de la construction et de l’urbanisme qui attrait au droit public, un client qui exerce dans le domaine du droit de la succession et le droit fiscal ainsi qu’un Avocat spécialisé en droit pénal et droit de la famille.
Cette configuration de travail demande une adaptation rapide et une remise en question permanente, mais toutes ces diversités sont extrêmement riches en savoir pour la professionnelle passionnée que je suis.
D’un point de vue personnel, j’organise mes semaines de travail comme je le souhaite, tout en restant disponible pour mes clients ce qui me confère une liberté d’exercice agréable et me permet de dégager du temps libre pour mes diverses activités annexes.
Cependant, le statut d’indépendant est considéré comme étant « précaire ».
En effet, le chiffre d’affaire mensuel est variable, les charges sociales (calculées sur le chiffre d’affaire mensuel) demeurent relativement importantes et les cotisations retraite aléatoires (nécessité d’avoir un chiffre d’affaire croissant sur un trimestre pour valider celui-ci). 
Le départ de l’activité demande beaucoup d’abnégation, c’est vrai, mais comme l’exprime un de mes adage favori « à cœur vaillant rien d’impossible » !                               

Quels conseils prodigueriez-vous aux stagiaires de l’IJA intéressés par le métier d’assistant(e) juridique en indépendant ?

Je ne donnerai pas de conseils car je trouve cela quelque peu présomptueux. J’aime à penser que de partager le bilan de mon expérience paraitra plus probant et que, peut-être, cela orientera les indécis(es) ou suscitera des envies d’entreprise, pourquoi pas !
Mon entreprise fête ses deux ans jour pour jour (01/08/2014), deux ans d’expériences passionnantes, riches professionnellement et humainement au contact de clients fidèles (que je profite de remercier pour la confiance qu’ils me témoignent depuis le début de mon activité), un statut professionnel libre avec un chiffre d’affaire constant, autant de paramètres qui ne me font pas regretter mon choix d’indépendance.
Je travaille actuellement sur un projet de développement de l’entreprise, étant toujours animée par un désir de progression professionnelle. Je vais transformer mon auto entreprise en société, toujours dans le domaine juridique tout en conservant mon activité première. Ce nouveau projet devrait voir le jour pour la rentrée de septembre 2016.
Pour conclure, je choisis une citation qui illustre parfaitement ma réalité professionnelle et qui pourrait faire office de « conseil » : « Choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie » Confucius.